A PROPOS DE LA CHAIRE MAHMOUD DARWICH

La Chaire Mahmoud Darwich a été créée en 2016 par la Fédération Wallonie-Bruxelles à l’initiative du Ministre-Président Rudy Demotte, ceci en consortium avec l’ULB, l’UCL et BOZAR, qui en est depuis 2018 l’unique opérateur. En créant cette Chaire, la Fédération Wallonie-Bruxelles réaffirme ses liens de coopération avec la Palestine et sa promotion des valeurs universelles.

L’objectif de la Chaire est de perpétuer l’oeuvre et la pensée du poète palestinien considéré comme l’un des plus grands auteurs contemporains. Sa poésie avec ses concepts récurrents comme l’exil, la mémoire et l’amour mène à une réflexion sur la fragilité humaine.

La Chaire souhaite présenter des productions artistiques contemporaines du Moyen-Orient et du Maghreb. Elle veut promouvoir le travail de réalisateurs, de metteurs en scène, de chorégraphes et d’écrivains de la région.

En se focalisant sur la Palestine comme métaphore de l’exil, la Chaire met en évidence le dépaysement. Dans le contexte actuel de déplacement des populations à grande échelle, les recompositions géographiques et la ‘géographie perdue’ sont autant de thèmes importants.

Les travaux de la Chaire sont supervisés par le Comité de pilotage de la Chaire Darwich sous la présidence de Leila Shahid.

BIOGRAPHIE DE MAHMOUD DARWICH

Mahmoud Darwich est né le 13 mars 1941 au village palestinien al-Birwa. Chassé du village en 1947, l’enfant se retrouve au sud du Liban. Quand la famille rentre, elle découvre que son village a été démoli. Ils vont vivre dans le village Deir al-Asad, et s’installeront ultérieurement dans la région de Haïfa. C’est à Haïfa que Darwich fait ses études. Il commence à publier des poèmes et articles, et devient rédacteur au sein du journal Al-Ittihâd (« L’Union »). À cause de ses écrits, les autorités israéliennes l’emprisonnent plusieurs fois et lui interdisent de quitter Haïfa dix années durant.

Son premier voyage hors de Palestine a lieu en 1970 à Moscou. Après un an, Darwich se rend au Caire. Ensuite, en 1973, c’est sur Beyrouth que le poète met le cap. Il œuvrera dans le Centre de Recherches Palestiniennes, et écrira dans la revue Shu’ûn filastîniyya (« Questions palestiniennes »), avant de fonder la revue Al-Karmel. Les recueils publiés à cette période marquent une remarquable évolution de son écriture poétique. Après l’invasion de Beyrouth par l’armée israélienne et le massacre perpétré à Sabra et Chatila, il quitte la ville en 1982. Il vivra désormais à cheval entre Tunis et Paris, où il affirme avoir connu sa « véritable naissance poétique ».

Durant les premiers mois passés à Tunis, il achèvera le long poème Éloge de l’ombre haute, et écrira les poèmes compris dans Blocus pour les panégyriques de la mer. Et à Paris, il composera une demi-douzaine de recueils de poèmes figurant parmi ses plus grandes œuvres, ainsi que son récit autobiographique Une mémoire pour l’oubli, consacré à une journée de l’invasion de Beyrouth par les Israéliens en 1982, et des dizaines d’articles. En 1995, il décide de quitter Paris, et de vivre alternativement à Ramallah, qui constitue pour lui un observatoire de la nouvelle situation, et à Amman, où il peut se consacrer plus aisément à l’écriture. Il écrira d’autres recueils, dont un de publication posthume, mais aussi un autre récit autobiographique : Présente absence (2006) et de nombreux articles.

Après des visites médicales à Paris, Darwich s’envole vers Houston, le matin du 28 juillet 2008. Là il décédera, le 9 août, suite à une opération à cœur ouvert, non réussie, et sera enterré à Ramallah le 13 du même mois.

Notice biobibliographique Darwich Revue Europe -Kadhim Jihad Hassan

OEUVRE

La quasi-totalité de l’œuvre de Mahmoud Darwich est traduite en français, grâce surtout à l’historien et écrivain palestinien Elias Sanbar, avec des participations d’Abdellatif Laâbi, Farouk Mardam-Bey et Yves Gonzalez-Quijano.

Plusieurs films documentaires lui ont été consacrés et de nombreux prix et distinctions lui ont été décernés.